
Vous avez travaillé dans plusieurs pays et à ce titre vous percevrez plusieurs retraites. La date à partir de laquelle vous pourrez toucher votre retraite sera, dans la plupart des cas, différente pour chaque pays. Quelles étapes pour déterminer cette date de manière optimale ?
1- Date de fin d’activité professionnelle et date d’effet des retraites : ne confondez pas !
La date d’ouverture des droits est la date à laquelle vous pourrez demander et percevoir chacune de vos retraites françaises et étrangères. Chacun des pays dans lequel vous aurez travaillé et cotisé appliquant sa propre réglementation, elle sera probablement différente pour les retraites françaises et chaque retraite étrangère.
La date de fin d’activité professionnelle sera déterminée en fonction de votre projet de vie et, peut-être de celui de votre compagne ou compagnon. Souhaitez-vous cesser toute activité professionnelle le plus tôt possible ? Pouvez-vous aménager votre temps de travail ? Préférez-vous poursuivre cette activité le plus longtemps possible ?
La date d’effet est la date effective pour laquelle vous demandez à percevoir vos retraites. Selon les pays, vous déposerez votre demande de retraite quelques semaines ou quelques mois avant la date d’effet retenue.
Selon la réglementation des pays dans lesquels vous avez acquis des droits et selon votre carrière, il peut être possible de cumuler les revenus d’activité professionnelle avec certaines de vos retraites.
Chaque cas est unique.
Seule l’analyse de votre carrière en tenant compte, d’une part, de votre projet de vie et, d’autre part, de la réglementation applicable dans chaque pays (âge d’ouverture des droits et possibilités de cumul), vous permettra de choisir la date d’effet optimale pour laquelle vous aurez intérêt à demander la retraite de chaque pays.
2- Déterminez la date d’ouverture des droits en France et à l’étranger
Pour chaque pays, la règlementation fixe la date à partir de laquelle on peut commencer à toucher sa retraite (date d’ouverture des droits). Elle dépend de l’âge légal, l’âge minimal à partir duquel la pension peut être perçue.
En France, cet âge recule progressivement de 62 ans à 64 ans. Ainsi, un assuré né le 18 janvier 1964 peut demander sa retraite à la date d’effet du 1er novembre 2026, 1er jour du mois qui suit la date anniversaire de ses 62 ans et 9 mois. S’il est travailleur indépendant, non salarié, il devra attendre le 1er jour du trimestre civil suivant cette date anniversaire.
Ce même assuré devrait attendre le 18 janvier 2031, date à laquelle il aurait 67 ans pour demander la pension du Royaume-Uni.
S’il a travaillé aux États-Unis, il est éligible à la retraite américaine depuis le 1er janvier 2026 mais préfèrera peut-être attendre le 1er janvier 2031 soit ses 67 ans, l’âge du taux plein américain (full retirement age) afin d’éviter une minoration qui baisserait cette retraite de 30 %.
3- Evaluez la date de la retraite au taux plein dans chaque pays
En effet, certaines réglementations, c’est le cas en France et aux États-Unis, prévoient une date de référence à laquelle on peut bénéficier d’une retraite, sans minoration dite « au taux plein ».
Ce droit au taux plein est uniquement fonction de l’âge aux États-Unis. Cet âge a d’ailleurs reculé progressivement, il était en effet de 66 ans pour les assurés nés avant 1955 et est passé à 67 ans pour les assurés nés à partir de 1960.
En France, le droit au taux plein sera, selon les cas, fonction de l’âge ou de la carrière.
Pour les assurés qui ont eu une carrière courte – ils n’ont pas acquis le nombre de trimestres requis tous pays confondus – le taux plein sera garanti à 67 ans. Mais viser le taux plein n’est pas toujours le choix optimal.
Nombre d’assurés auront droit au taux plein plus tôt, s’ils justifient d’une carrière complète. Le nombre de trimestres qui justifie cette carrière complète est fonction de l’année de naissance de l’assuré.
La durée de carrière requise pour l’ouverture du droit au taux plein s’allonge progressivement depuis la réforme des retraites de 2023.
En reprenant notre exemple, l’assuré né en janvier 1964 pourra bénéficier de sa retraite au taux plein entre 62 ans et 9 mois et 67 ans dès qu’il justifiera de 170 trimestres de carrière.
4- Comptez vos trimestres en application des conventions de sécurité sociale
Les assurés qui ont cotisé dans un pays étranger vérifieront si ce pays a signé une convention de sécurité sociale avec la France. Si c’est le cas, ils prendront en compte cette période dans la durée de carrière. Ceux qui ont travaillé dans plusieurs pays devront vérifier les modalités de cumul des conventions qui s’appliquent dans leur cas.
Il restera à cumuler ces « trimestres étrangers » avec les trimestres cotisés en France, les éventuels trimestres de détachement à l’étranger, ainsi que certains trimestres non cotisés correspondant à des périodes de chômage ou de maladie. Il ne faudra pas oublier les périodes de service militaire ni les trimestres de majoration de durée d’assurance au titre des enfants pour les mères et pour les pères.
5- Mesurez l’impact de l’arrêt de vos activités
Cesser votre activité professionnelle dans votre pays d’accueil peut entraîner des conséquences sur le calcul de votre retraite française. Ainsi, si vous êtes en activité au Luxembourg, vous pourriez être éligible au départ anticipé dès 60 ans si vous justifiez des 160 trimestres requis. En effet, pour atteindre cette condition, vos trimestres français et luxembourgeois seront pris en compte. Mais attention ! Si vous arrêtez votre activité au Luxembourg avec 160 trimestres, vous serez loin des 172 trimestres exigés en France pour obtenir le taux plein, si vous êtes né à partir de 1966.
6- Pensez aux possibilités de départ anticipé
Dernière étape, étudiez pour chaque pays, le droit à un départ anticipé avant l’âge légal.
En France, le dispositif le plus souvent rencontré est celui du départ anticipé au titre des carrières longues. Il peut convenir aux assurés qui justifient largement de tous leurs trimestres avant l’âge légal.
En France, le critère d’éligibilité à ce dispositif est d’avoir commencé à travailler jeune : 5 trimestres validés avant la fin de l’année civile des 16 ans, 18 ans, 20 ans ou 21 ans (4 pour ceux qui sont nés pendant le dernier trimestre) permettent de valider cette condition.
Au moment du départ anticipé, il faudra alors justifier du nombre de trimestres requis pour le taux plein, propre à chaque génération – attention, dans le cadre de ce dispositif, le décompte des trimestres est plus restrictif. Par exemple, les rachats ne sont pas pris en compte.
D’autres pays européens prévoient des possibilités de départ anticipé avant l’âge légal. Si nous reprenons en exemple, un assuré né le 18 janvier 1964 et qui aurait cotisé en Espagne, il pourrait demander sa retraite au 18 janvier 2031 à l’âge légal de 67 ans. Mais s’il justifie de 462 mois (soit 154 trimestres) de cotisation en France plus en Espagne, il pourra demander sa retraite dès le 18 janvier 2029 à 65 ans.
7- Anticipez les évolutions futures
La réglementation peut changer. En France, le recul progressif de l’âge légal est en cours depuis la réforme de 2023 et susceptible de modifications dans le futur. Votre projet de vie peut également évoluer. Attention, une proposition d’emploi dans un autre pays peut modifier les modalités d’acquisition de trimestres futurs.
Mesurez l’impact de ces évolutions sur la date à laquelle vous pourrez demander vos retraites et sur leur montant.
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- 21 April 2026






