
Selon que l’on s’expatrie seul·e ou avec son conjoint, la question de la retraite devrait être un point central pour tous les expats et futurs expats, mais aussi pour le conjoint suiveur. Et cette question devrait être au centre des négociations de tout contrat quel que soit votre statut en mobilité professionnelle. Et c’est parce que les cotisations vieillesse sont intimement liées à l’emploi que la question est d’autant plus importante pour la personne en charge de la famille, qui a dû quitter son emploi pour suivre son partenaire. Dénouons le vrai du faux sur des affirmations courantes.
Je pars travailler dans un pays ayant part aux accords européens ou une convention bilatérale, tout se passe comme si j’étais resté·e en France.
Faux. Tout se passe comme si vous étiez resté·e en France SEULEMENT dans le cadre d’un détachement qui ne peut pas excéder 2 ans. Au-delà de cette période de détachement, vous devrez exercer votre activité en contrat local, vous cotiserez alors dans votre pays d’accueil et le jour où vous demanderez vos retraites, vos pensions seront versées par chacun des pays au prorata de votre durée de carrière dans chaque pays.
Lors de mon expatriation dans un pays non couvert par une convention de sécurité sociale avec la France, j’ai cotisé à la CFE, tout se passe comme si j’étais resté·e en France.
Vrai, en partie. N’oubliez pas qu’en France, vous cotisez aussi auprès d’un régime de retraite complémentaire obligatoire. L’assurance vieillesse de la CFE assure la continuité du seul régime général français de la Sécurité sociale et ne permet d’acquérir des droits dans les régimes complémentaires. Par ailleurs, les adhésions CFE santé couvrent uniquement les frais liés aux soins. Pour cotiser volontairement à la CFE vieillesse, il faut remplir certaines conditions. Vous pourrez vous affilier en tant que salarié·e, ancien·ne assuré·e ou chargé·e de famille. Pour cela vous devez être né·e en France ou à défaut, avoir relevé d’un régime français d’assurance maladie obligatoire pendant au moins 5 ans. Si vous n’exercez plus aucune activité professionnelle, vous pouvez vous affilier en tant qu’ancien·ne assuré·e dans les 6 mois suivant la fin de votre activité et à condition d’avoir été affilié·e dans les 6 mois précédant l’arrêt d’activité au régime général – CFE comprise. Vous pourrez également vous affilier, en tant que chargé·e de famille, si vous avez à charge un enfant de moins de 20 ans au moment de l’adhésion. Vous pourrez resté·e affilié·e tant que ces conditions seront remplies.
Grâce aux accords de sécurité sociale signés par la France avec de nombreux pays étrangers, la France me versera toutes mes retraites.
Faux. Chaque pays versera uniquement la part correspondant à la durée de cotisation effective dans le pays. L’application d’une convention vous protège d’une carrière incomplète en France uniquement au niveau du taux : les trimestres étrangers sont pris en compte pour déterminer votre éligibilité au taux plein dans le régime de base.
Prenons un exemple, vous êtes né·e en 1970, la durée de carrière exigée est de 43 ans. Vous n’avez cotisé que 20 ans en France, votre revenu de référence – sera calculé sur ces 20 années. Le revenu de référence est donc établi à partir de vos salaires annuels limités à un plafond déterminé chaque année, également appelé Salaire Annuel Moyen (SAM). Mais vous avez également cotisé pendant 23 ans dans un pays ayant un accord de sécurité social avec la France, vous obtiendrez le taux plein par la prise en compte de vos 20 années en France additionnées de vos 23 ans dans ce pays. Cependant, la France calculera une pension au prorata, selon le ratio DA cotisée / DA exigée.
Je n’ai pas atteint l’âge de la retraite dans mon pays d’accueil, je peux malgré tout demander mes retraites françaises.
Vrai. Si vous avez atteint l’âge légal en France, vous pouvez demander à toucher immédiatement vos retraites françaises. Mais selon la durée de votre carrière en France et à l’étranger, vous aurez intérêt ou non à attendre le taux plein. Attention, le taux plein dans le régime de base de la sécurité sociale conditionnera le droit au taux plein dans le régime complémentaire dans de nombreux cas. Même si vous touchez vos retraites françaises, vous pourrez poursuivre votre activité dans le pays d’accueil.
Je n’ai pas travaillé suffisamment longtemps dans mon pays d’accueil pour y prétendre à une retraite.
Faux. Vous pourriez avoir une bonne surprise ! Si la France et ce pays ont signé une convention bilatérale, ce pays tiendra compte de vos trimestres français pour vérifier votre éligibilité à son système de retraite. Par exemple, pour avoir droit à une retraite américaine, vous devez justifier de 10 années de cotisations aux États-Unis. Pour vérifier votre éligibilité, la SSA (Sécurité sociale américaine) totalisera, les trimestres français et américains. Ainsi, un·e assuré·e qui a eu la majorité de sa carrière en France et moins de 10 ans d’activité aux États-Unis, aura droit à la retraite américaine.
Si mon compagnon ou ma compagne décède, je toucherai automatiquement la pension de réversion française.
Faux. La France ne reconnait que les liens du mariage pour ouvrir un droit aux pensions de réversion. Le Pacs n’est pas reconnu, ni le fait d’avoir eu des enfants ensemble. D’autre part, le versement de la pension de réversion, selon les régimes, peut être soumis à des conditions d’âge et de ressources. Enfin, pensez à en faire la demande, son versement n’est jamais automatique. C’est pourquoi il est important dans la mesure du possible que le conjoint conserve une activité professionnelle (emploi dans le pays d’expatriation, lancement d’une activité où il travaille à son compte, portage salarial international, etc.) pour construire sa retraite.
Je rêve de passer ma retraite à l’étranger, cela va poser des problèmes pour percevoir mes pensions françaises.
Faux. Les pensions de retraite françaises peuvent être versées en France comme à l’étranger. Il suffit de transmettre vos coordonnées bancaires de vos comptes étrangers à vos différentes caisses de retraite. Cependant, la France exigera une preuve de vie tous les ans et vous devrez donc fournir un certificat d’existence.
Les cotisations volontaires permettent de protéger mon conjoint ou ma conjointe qui m’aura suivi en expatriation sans opportunité d’emploi.
Vrai. Votre conjoint·e pourra s’affiliez à la CFE vieillesse Assurance Retraite en tant que chargé·e de famille si elle ou il est né·e en France (ou à défaut, a relevé d’un régime français d’assurance maladie obligatoire pendant au moins 5 ans), n’exerce aucune activité professionnelle dans le pays d’accueil et a un enfant à charge de moins de 20 ans au moment de l’adhésion. Il ou elle pourra également cotiser en tant qu’ancien·ne assuré·e. Vous avez intérêt à ajouter ce point à la négociation avec votre employeur avant votre départ pour protéger votre moitié. À étudier au même titre que les autres cotisations volontaires vieillesse, telle que la CRE-Ircafex ou les contrats de capitalisation.
Les relevés de carrière français fournis par les caisses de retraite me permettent d’avoir une vision claire de mon âge de départ optimal et des montants de retraite associés.
Faux. Généralement, La France ne prendra en compte vos trimestres à l’étranger qu’au moment de faire valoir vos droits et ne tient pas toujours compte des trimestres pour enfants, du service militaire etc. En effet, c’est à ce moment-là que l’organisme de liaison et de coordination étranger transmettra un relevé de carrière à la France. Pour avoir une vision claire de votre situation, vous pouvez faire appel à des prestataires et opter pour l’établissement d’un bilan retraite qui fera des projections sur l’âge de départ optimal, estimera les pensions associées et les options d’optimisation s’il y a lieu. Un bilan retraite est particulièrement conseillé en fin de carrière ou lors de changements importants, notamment avant un projet d’expatriation.
Le système de retraite français est en passe de péricliter, cela ne sert à rien de cotiser volontairement.
Faux. Le système de retraite français par répartition n’est pas près de disparaitre. Aujourd’hui, la France compte 30.4 millions de cotisants (27.3 en 2013) – Source INSEE. N’oubliez pas que vos cotisations vous assurent le versement de pensions, en moyenne durant 25 années (espérance de vie après 62 ans). Il est donc essentiel de cotiser même s’il est vrai que le rendement des cotisations diminue.
Expatrié·e dans un pays avec convention avec la France, je n’ai aucun intérêt à cotiser volontairement aux régimes français.
Pas tout à fait vrai. D’une part, n’oubliez pas la règle de non-cumul des conventions. Sauf de très rares exception, seule une convention sera retenue par la France. Vous pourriez avoir une très mauvaise surprise si vous avez navigué entre plusieurs pays et voir votre taux de liquidation minoré ! D’autre part, le système de retraite de base et complémentaire français peut être plus généreux que le régime de retraite de votre pays d’accueil. Renseignez-vous ! Enfin, vous pourriez améliorer le salaire annuel moyen pris en compte pour le calcul de vos retraites de base. Mais attention, n’imaginez pas valider plus de 4 trimestres par an pour autant ! Réfléchissez également à la cotisation volontaire dans le régime complémentaire, c’est en effet ce régime qui permet de toucher des retraites plus confortables, pensez à négocier son financement par votre employeur, ces cotisations sont en effet très onéreuses.
Peu importe le moment choisi pour partir à l’étranger ou pour revenir en France.
Faux. L’attribution de trimestres dépend du montant de salaire perçu et non pas de la durée d’activité. Si votre salaire est supérieur au plafond de la sécurité sociale, 48 060 € en 2026, il vous suffira de travailler 2 mois pour valider 4 trimestres. Cela s’applique au départ comme au retour. Vous aurez donc intérêt à partir après mars et revenir avant novembre. Attention, vous ne pourrez en aucun cas valider plus de 4 trimestres dans une année, dans le régime français.
Je souhaite digitaliser mon expertise et me lancer en freelance pour suivre mon conjoint muté à l’étranger, je peux avoir un statut d’autoentrepreneur ?
Vrai. Si vous continuez à respecter les conditions du régime d’autoentrepreneur tel que prévu par le code général français des impôts. Vous devez notamment disposer d’une adresse en France où vous fixez votre établissement principal. Pour vos retraites, vous cotiserez comme si vous résidiez en France, auprès du Régime Social des Indépendants (RSI).
J’ai monté ma boîte à l’étranger, cela ne changera rien pour mes retraites.
Faux. Si vous créez une société à l’étranger, dans un pays ayant une convention de sécurité sociale, et si vous cotisez dans votre pays d’accueil, alors ces années d’activité seront prises en compte pour calculer votre durée de carrière dans le système français. Si votre pays d’accueil n’a pas de convention avec la France, il conviendra d’envisager la cotisation volontaire pour rester dans les régimes de retraite français.
Même depuis l’étranger, je peux opter pour le portage salarial, dans ce cas, je continue de cotiser comme si j’étais restée en France.
Vrai, en partie. Le portage salarial permet aux travailleurs indépendants de rester dans le régime général de sécurité sociale (Assurance Retraite et Agirc-Arrco) comme s’ils étaient des salariés classiques. Dans le cadre du portage salarial, les cotisations obéissent à un fonctionnement particulier car l’assuré paye les cotisations salariales et les cotisations patronales sur le montant des prestations facturées. Si vous réalisez une mission de consultant à l’étranger de moins de trois mois, vous resterez soumis à la législation française en matière de protection sociale, dont les cotisations retraite. Mais, au-delà, vous devenez un consultant expatrié avec obligation de souscrire au régime de protection sociale de votre pays d’accueil.
Faire appel à un cabinet d’expertise retraite, comme Novelvy Retraite, vous permettra d’avoir une vision claire de votre situation et des options à envisager. D’une part, le bilan retraite personnalisé vous apportera un état des lieux de vos droits acquis jusque-là, en France et à l’étranger. Vous aurez ainsi un récapitulatif de votre carrière et de votre parcours personnel (durée de carrière en France et durée de carrière dans chacun des pays dans lequel vous aurez exercé votre activité avec la prise en compte de vos jobs d’été, du service militaire, de la majoration de durée d’assurance pour les enfants…). D’autre part, vous connaîtrez votre âge optimal de départ en fonction de vos projets avec des estimations des pensions selon différents cas de figure (âge légal selon l’année de naissance, âge du taux plein, rentabilité du rachat de trimestres ou de la cotisation volontaire, poursuite d’activité dans le cadre du cumul emploi retraite…), vous serez ainsi à même de déterminer quelle option choisir.
Vous pouvez également confier les démarches administratives d’obtention de vos pensions de retraite, par délégation. Cette prestation de liquidation des droits permet de vous libérer de formalités longues et fastidieuses depuis l’étranger. La bonne connaissance des organismes de liaison et des règles qui s’appliquent entre la France et les pays ayant des accords de sécurité sociale est indispensable pour que le traitement du dossier retraite se passe au mieux. Il convient d’anticiper largement ces démarches qui prendront jusqu’à deux ans, pour certains pays.

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Nunc accumsan sollicitudin lacus. Mauris eu nisi ut sapien ullamcorper vehicula non vel neque. Morbi egestas justo nibh, ac sodales est pharetra vel.
Titre H2
Titre H3
Titre H4
Titre H5
Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Nunc accumsan sollicitudin lacus. Mauris eu nisi ut sapien ullamcorper vehicula non vel neque. Morbi egestas justo nibh, ac sodales est pharetra vel. Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Nunc accumsan sollicitudin lacus. Mauris eu nisi ut sapien ullamcorper vehicula non vel neque. Morbi egestas justo nibh, ac sodales est pharetra vel.Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Nunc accumsan sollicitudin lacus. Mauris eu nisi ut sapien ullamcorper vehicula non vel neque. Morbi egestas justo nibh, ac sodales est pharetra vel.
- 30 June 2026





