L’AEFE a son nouveau directeur général : Alexandre Morois succède à Claudia Sherer-Effosse

Alexandre Morois, administrateur de l’État, a été nommé directeur général de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) par décret du 15 juin 2026. Il succède à Claudia Scherer-Effosse dans une période de fortes turbulences. Point sur son parcours et sur le contexte dans lequel il s’apprête à prendre ses fonctions.

Une carrière au ministère des Affaires étrangères

Âgé de 52 ans, Alexandre Morois est diplômé de Sciences Po Paris (section Service public, promotion 1995).
Diplomate de carrière, il est entré au ministère des Affaires étrangères en 1996 en tant que secrétaire des Affaires étrangères et y a effectué l’essentiel de son parcours. À l’étranger, il a notamment été premier conseiller à l’ambassade de France en Grèce entre 2012 et 2016. De 2016 à 2019, il a été chargé de mission « Affaires étrangères et Défense » au Secrétariat général du Gouvernement.

De 2019 à 2023, il a exercé les fonctions de sous-directeur de la politique des ressources humaines au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Toujours au sein de ce même ministère, il occupait depuis septembre 2023 les fonctions de directeur des affaires financières. À ce titre, il siégeait au conseil d’administration de l’AEFE.

L’AEFE toujours sous tension

La nomination d’Alexandre Morois intervient dans un contexte de fortes inquiétudes. Son profil, davantage tourné vers les questions budgétaires, semble d’une certaine manière confirmer l’orientation des réformes en cours.

Le conseil d’administration de l’AEFE du 18 décembre 2025, au cours duquel il avait été décidé de faire supporter au réseau une partie du financement des pensions civiles du personnel détaché de l’AEFE, avait fait grand bruit. Cette mesure, qui entraîne par ricochet une augmentation des frais de scolarité, avait provoqué la colère des établissements. Ceux-ci n’ont d’ailleurs toujours pas donné leur accord sur cet arbitrage financier.
De leur côté, les personnels des établissements ont pu, le 17 juin dernier, lors d’une réunion de crise, défendre leurs prestations familiales, dont une réforme est attendue à la rentrée.
Enfin, les parents sont également inquiets de voir la réforme de l’enseignement français à l’étranger réduite à une logique comptable. Ils ne sont pas prêts à accepter une hausse des frais de scolarité sans amélioration des conditions d’apprentissage de leurs enfants.

Alexandre Morois, chargé de poursuivre les travaux de réforme de l’AEFE, est donc particulièrement attendu. Les établissements, les enseignants et les parents espèrent le voir porter un projet ambitieux permettant de maintenir la qualité de l’enseignement français à l’étranger, enviée partout dans le monde.

Publication du rapport de la sénatrice Samantha Cazebonne

Samantha Cazebonne, sénatrice des Français établis hors de France, missionnée il y a quelques mois par le gouvernement afin de réfléchir à des pistes concrètes en vue d’une réforme structurelle de l’AEFE, a remis son rapport le 17 juin 2026.
Intitulé Refonder l’AEFE pour accompagner l’avenir de l’enseignement français à l’étranger – Une transformation stratégique au service de l’équité, de l’excellence et de l’intérêt supérieur des élèves, ce rapport de plus de 300 pages s’appuie sur de très nombreux entretiens menés auprès de tous les acteurs de l’écosystème.  Il vise à poser “un diagnostic lucide, identifier des leviers d’action et éclairer les choix sans les imposer”. Il est articulé autour de 3 parties :

  • Etat de lieux du réseau et parole aux acteurs
  • AEFE, un modèle économique complexe à contrôler et confronté à des attentes fortes
  • Proposition d’une nouvelle AEFE.

Riche de 44 propositions, ce rapport devrait sans nul doute alimenter le débat autour de la réforme de l’AEFE dans les semaines qui viennent.

Découvrir l’intégralité du rapport ici. Refonder l’AEFE pour accompagner l’avenir de l’enseignement français à l’étranger

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