
L’agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) traverse depuis quelques années une période de fortes turbulences qui remettent en question son modèle. Les dernières coupes budgétaires prévues dans la loi de finances 2026 dont l’AEFE fait l’objet inquiètent légitimement compte tenu des charges auxquelles elle doit faire face. Eclairage.
Le poids des pensions civiles, des subventions en berne
En 2009, la charge des pensions civiles des personnels titulaires jusque-là supportée par l’Etat a été transférée à l’AEFE. L’Etat a certes intégré ce coût dans la subvention allouée à l’agence mais sans mécanisme d’indexation. Or, cette dernière est confrontée à des pensions civiles dont le poids ne cesse d’augmenter en raison de la démographie des retraités et de la progression des droits à pension.
Face à ce coût qui explose, la subvention de l’Etat est clairement insuffisante. Elle a cette année encore connu un coup de rabot passant de 420 M€ à 391 M€. Et la charge des pensions civiles (195 M€) représente désormais presque la moitié de la subvention.
Une situation financière dégradée et un réseau en souffrance
La trésorerie de l’agence est aujourd’hui dégradée avec un réel risque de rupture de paiement. Sans soutien de l’Etat, l’AEFE s’est vue contrainte de faire supporter ses charges aux établissements. Par conséquent et mécaniquement, les frais de scolarité augmentent, l’équilibre financier des établissements est menacé, et les moyens pour l’action pédagogique s’étiolent.
L’enseignement français à l’étranger, un outil essentiel pour notre diplomatie culturelle et économique
Dans ce contexte, le plan cap 30 – lancé en 2018 par le président de la république et qui avait pour objectif de doubler le nombre d’élèves du réseau pour le faire passer de 350 000 à 700 00 – semble difficilement soutenable. Et pourtant, notre enseignement français à l’étranger doit rester fort. C’est un pilier du rayonnement éducatif et culturel de notre pays, un véritable outil d’influence qui nous permettra de jouer notre partition dans les équilibres géopolitiques de demain.
Des missions parlementaires pour un état des lieux et des propositions
Une mission d’information transpartisane
Face à la crise que traverse l’AEFE et à ses conséquences pour les établissements et les familles, le sénat a nommé le 4 février 2026 quatre rapporteurs pour une mission d’information sur le réseau. Mathilde Ollivier, sénatrice des Français établis hors de France, Georges Patient, sénateur de Guyane, Claude Kern, sénateur du Bas-Rhin et Yan Chantrel, sénateur des Français établis hors de France auront à :
- clarifier les dernières coupes budgétaires dont a souffert le réseau,
- évaluer les objectifs (notamment celui du doublement des effectifs à l’horizon 2030) et les moyens pour les atteindre,
- défendre un enseignement français de qualité et accessible à tous.
Une mission parlementaire pour une réforme de l’AEFE
Confiée à Samantha Cazebonne, sénatrice des Français de l’étranger et ancien chef d’établissement, cette mission doit aboutir à une réforme structurelle de l’AEFE. La Sénatrice, qui est à l’origine de la plateforme collaborative dédiée à l’enseignement à l’étranger (ReflexeS), proposera des pistes fin juin 2026. Avant cela, elle est attendue à la très prochaine Assemblée des Français de l’étranger où elle sera probablement auditionnée.
L’UFE invite ses représentations à se mobiliser
Alain-Pierre Mignon, président de l’UFE Monde, a mobilisé nos 120 représentations afin qu’elles remontent les difficultés et les interrogations des établissements, des enseignants, des parents d’élèves et des élèves de leur région. Dans son courrier adressé à nos présidents, il rappelait que la réforme à venir « doit garantir la pérennité de notre réseau et la qualité de notre enseignement, maintenir l’accès de nos établissements à tous les Français y compris les plus démunis, continuer à promouvoir l’excellence de notre éducation dans le monde. »
Nous vous engageons aussi, vous qui nous lisez, à étayer ce débat. N’hésitez pas à envoyer votre contribution à : info@ufe.org. Nous vous remercions par avance de votre participation.
- 24 February 2026





